dimanche 5 février 2012

Homélie du Père TREVET - 05 février 2012

Frères et sœurs,  Job exprime très bien nos sentiments lorsque nous sommes accablés par la maladie : « La vie … est une corvée… à peine couché, je me dis « quand pourrai-je me lever ? » Mes jours sont comme la navette du tisserand… ça file à toute allure et puis un jour, le fil casse. »
Et dans l’évangile, on nous dit que Jésus guérit.  Un ami médecin dit volontiers qu’il soigne mais que seul Le Seigneur guérit. Un jour, je me trouvais dans une chambre de l’hôpital dont j’étais l’aumônier. Un docteur ouvre la porte. Je lui dis : « Vous avez priorité. » Il me répond : « Non, je repasserai ; votre médecine vaut bien la mienne ». Dieu guérit en donnant aux chercheurs du génie et au personnel soignant de la délicatesse. Parce que la guérison est due à une alchimie de compétences et de confiance.
Est-ce que Jésus guérit directement sans passer par les médecins encore aujourd’hui ? Nous le croyons. Chaque fois que le Saint-Père déclare un chrétien bienheureux ou saint, nous savons qu’il y a eu au moins un miracle. Il faut lire la belle histoire du petit Pietro Schilliro, 9 ans, qui a été guéri par l’intercession des parents de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis à Louis et Zélie Martin d’être béatifiés en octobre 2008.
Revenons sur la guérison de sœur Marie Simon Pierre qui a permis de savoir que Jean-Paul II est Bienheureux. Beaucoup de journaux ont donné la parole à des spécialistes qui se sont dit sceptiques. Voici quelques extraits de la réponse pleine d’humour du Docteur Patrick Theillier qui a été pendant 11 années en charge du bureau médical de Lourdes (France Catholique n° 3245 4 février 2011).  «[…] La réponse la plus « touchante » est celle du médecin qui soutient naïvement : « Ce n’est pas possible de guérir du Parkinson, donc le miracle est impossible »… ! […] Mais le miracle, c’est justement l’impossible qui se réalise[…] Mais ce qui revient le plus souvent c’est de soutenir qu’on ne guérit jamais de cette maladie et donc que l’on s’était forcément trompé dans le diagnostic initial. Là ce n’est pas très confraternel ! […] Autre argument fallacieux : « ce n’était évidemment pas Parkinson puisqu’on en guérit pas, mais peut-être  une forme clinique spontanément curable » Alors là, j’aimerais qu’on me présente d’autres formes cliniques de maladie de Parkinson spontanément curables… Malheureusement il n’y en a pas dans toute la littérature médicale ! Enfin, autre argument particulièrement de mauvaise foi : « Tout ça, c’est de la supercherie, de l’hystérie : ce qui n’a rien d’étonnant venant d’une femme, qui plus est d’une bonne sœur ». […] Pardon, cher esprit critique, avez-vous seulement pris la peine d’entendre et de lire le témoignage de la sœur ? Si tout le monde était aussi équilibré et paisible, la face du monde  changerait ! Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il y aurait encore beaucoup à dire sur un si beau miracle, si pur, si juste. Tous les critères nécessaires pour reconnaître un miracle sont ici parfaitement rassemblés. Jean-Paul II méritait un si beau miracle ! […] Les miracles ont pour sens ultime de nous remettre dans cette certitude que nous vivons désormais dans ce monde nouveau inauguré par la résurrection du Christ. »
            Depuis le début du christianisme, les miracles de Jésus en faveur des malades ont poussé les chrétiens à secourir les personnes qui souffrent. Le Père Joseph-Marie Verlinde qui est un ami de séminaire et qui a fondé la famille Saint-Joseph propose des sessions de guérison intérieure – comme ici au Puy l’Agapé – qui permettent à des centaines et des centaines de personnes de faire l’expérience de l’amour miséricordieux du Seigneur. (Père Joseph-Marie Verlinde, L’expérience interdite, éd. Saint-Paul) Le Père Verlinde est docteur en science physiques. Il parle couramment cinq langues. Ce qui ne l’a pas empêché de se faire avoir au cours de ses études par un gourou qui l’a initié à la méditation transcendantale, et de passer plusieurs années dans des ashrams hindous où très peu d’occidentaux sont allés. Qu’est ce qui l’a fait revenir à la foi chrétienne ? C’est qu’un jour, alors que de très bonne heure, il traverse un village aux côtés du gourou, dans la pénombre, il heurte du pied ce qui lui semble un corps humain. Il se penche vers lui et s’apprête à demander de l’aide pour ce pauvre homme. Le gourou lui dit : « Viens laisse-le… »  Et comme il hésite, le gourou ajoute : « C’est son karma ». C’est à dire : « C’est son destin. Il faut lui laisser vivre ce qu’il a à vivre. » Peu à peu, sa culture chrétienne se réveille. Il se rappelle la parabole du Bon samaritain. Le Seigneur veut que nous trouvions notre joie à mettre toutes les ressources de notre intelligence et de notre cœur au service de celle ou celui qui souffre.  Terminons par deux mots d’enfants. Pendant la guerre au Vietnam, des obus sont tombés sur un orphelinat blessant plusieurs enfants. Parmi eux, il y a une petite fille de neuf ans, sérieusement blessée qui perd beaucoup de sang. On réunit un groupe d'enfants qui n'ont pas été blessés ; et dans leur français limité, le médecin et l'infirmière leur expliquent que l'un d'eux doit donner son sang pour sauver la vie de la petite fille. Les enfants gardent un lourd silence. Puis une petite main hésitante se lève, la main d'un petit garçon de dix ans. C’est le petit Heng ». Après avoir fait les tests de compatibilité, on commence tout de suite la transfusion. Tout à coup, Heng se met à trembler et à pleurer. L'infirmière lui demande s'il a mal. Il fait signe que non mais il se remet aussitôt à pleurer abondamment. L'équipe médicale demande ce qui ne va pas. Une infirmière Vietnamienne arrive et s'adresse au jeune dans sa langue maternelle. Elle lui dit quelques paroles à l'oreille et Heng redevient tout à fait calme. Elle explique aux Américains : «Il a demandé à quelle heure il mourrait car il pensait qu'il devait donner tout son sang et mourir pour sauver la vie de la petite fille».
Un patient qui avait fait une tentative de suicide disait à son médecin : « Docteur, vous m’avez empêché de mourir, mais vous ne m’avez pas aidé à vivre ! » Un petit Martin est avec sa maman et joue dans le jardin devant la mairie. En courant de ci-de là, il aperçoit un vieux monsieur, assis seul, sur un banc, tout triste. Martin ne sait pas qu'il vient de perdre sa femme. Mais il a vu la tristesse et les larmes discrètes du vieux monsieur. Alors, il va vers lui, et, sans rien dire, il s'assied à côté de lui. Sa maman l'appelle et lui dit : « Tu vois bien que le monsieur a beaucoup de peine. Il ne faut pas le déranger. » - « Maman, je ne le dérange pas, je l'aide à pleurer. » Amen !

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